Face à l’actuelle épidémie croissante de surpoids et d’obésité, émerge un tout nouveau type de régime alimentaire. De plus en plus populaire, ce régime, consistant à la restriction alimentaire suggère d’alterner des périodes de privation de nourriture et d’alimentation normale. C’est la restriction calorique.

Le but est pour la plupart du temps de perdre du poids ou de corriger un trouble biologique. Plusieurs études menées ont également conclu le lien entre la restriction et l’augmentation de l’espérance de vie. Attention ! Le régime hypocalorique est à distinguer du régime hyperprotéiné. 

Restriction calorique : de quoi s’agit-il exactement ?

La restriction calorique est un régime hypocalorique ayant été décrit pour la première fois en 1935 chez des rats. Actuellement, il s’agit de la seule méthode connue pour augmenter l’espérance de vie tout en améliorant l’état de santé générale.

La restriction calorique chronique consiste à manger une ration alimentaire réduite mais équilibrée à l’âge adulte et tout au long de l’existence. La pratique a fait ses preuves sur la longévité auprès de nombreuses espèces à vie courte dont le ver, la mouche et les rats. Sur les primates, ordre de mammifère incluant les humains, les effets bénéfiques demeurent controversés.

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Quel est le rôle des calories ?

Les calories que contient un aliment représentent sa valeur énergétique. Pour fonctionner, le corps a besoin de calories, essentielles pour assurer chaque jour ses fonctions vitales. Toutefois, une consommation d’excès de calories, et ce, de manière fréquente expose l’individu à une prise de poids. Sur le long terme, la prise de poids risque d’engendrer diverses maladies dont les maladies cardiaques, le diabète, etc.

À l’inverse, lorsqu’une personne ne se nourrit pas de manière suffisante, le corps pioche dans les calories stockées afin d’équilibrer. Cela entraîne à son tour une perte de poids. En résumé, la clé pour maintenir un poids normal tout en bénéficiant d’un état de santé meilleur est de savoir consommer des calories au niveau du strict nécessaire. 

Les effets de la restriction calorique sur la longévité

Dans des dizaines d’espèces animales, la restriction calorique est le seul moyen connu pour augmenter l’espérance de vie. Un nombre croissant d’adeptes et de spécialistes du vieillissement la pratique aux Etats-Unis. Si les chercheurs savaient déjà que les cellules subissent de nombreux changements à mesure du vieillissement, ils ignoraient encore qu’un régime hypocalorique pouvait influencer ces changements. 

Étude sur les rongeurs

La restriction calorique est un phénomène qui intéresse de plus en plus de scientifiques depuis plus de 70 ans. Selon des recherches menées sur des rongeurs et d’autres espèces ayant une courte espérance de vie, la réduction de 25 à 60% des calories totales augmentait considérablement leur durée de vie. Chez les rongeurs, la restriction énergétique augmentait jusqu’à 50% leur espérance de vie. Ce résultat est obtenu par un apport optimal en éléments nutritifs dont les vitamines, les minéraux, les antioxydants, etc. La même recherche a démontré que la restriction protégeait ces espèces de certaines maladies notamment du cancer, du diabète et des maladies du cœur. 

Influence sur les cellules 

Une étude menée sur des rats a démontré les effets bénéfiques de la restriction calorique sur les cellules. Pour ce faire, l’équipe de recherche a nourri une cinquantaine de rats de l’âge de 18 à 27 mois. Certains ont été nourris avec un régime normal tandis que d’autres avec un régime 30% moins calorique. Par la suite, l’équipe a comparé 168703 cellules de 40 types différents des deux groupes de rongeurs. Le résultat est tel que 57% des changements au niveau cellulaire chez le vieux rat avec un régime normal ne surviennent pas chez l’autre groupe au régime allégé.

Selon l’étude, les cellules et gènes les plus influencés par la restriction calorique sont ceux en lien avec l’immunité, l’inflammation et le métabolisme des lipides. Un professeur de l’Académie chinoise des sciences commente que l’augmentation de la réponse inflammatoire au cours du vieillissement pourrait être systématiquement réprimée par la restriction. Le régime hypocalorique mettrait ainsi en œuvre un ensemble de mécanismes de protection générale commune à toutes les cellules. 

Étude sur le microcèbe

Le microcèbe ou Microcebus murinus est un type de lémurien qui ne vit qu’à Madagascar. Sa particularité est telle qu’elle partage nombreuses similitudes physiologiques avec l’humain notamment au cours du vieillissement. Dans une étude menée sur le microcèbe, il a été démontré qu’une restriction calorique chronique, correspondant à 30% de calories en moins que leurs congénères, augmentait fortement sa longévité.  

Étude sur l’humain

Des études menées sur des primates ayant une durée de vie plus longue depuis la dernière décennie suggérait les mêmes effets bénéfiques. Sur les humains, pour des raisons d’ordre éthique et pratique, les études sont très rares. Les métabolismes humains, son développement ainsi que son mécanisme de reproduction sont largement différents de ceux des espèces déjà étudiées.

Les gènes de la longévité

Le vieillissement est actuellement un thème de recherche en pleine expansion. Selon des études menées, un régime hypocalorique influencerait sur l’espérance de vie car il active l’expression des sirtuines. Il s’agit d’une famille de gènes, formant une classe d’enzymes qui ralentirait le vieillissement.

Les sirtuines agissent sur de nombreux mécanismes cellulaires dont la réparation de l’ADN, la résistance au stress oxydatif ou la mort cellulaire. L’activation de cette famille de gènes augmenterait donc la sensibilité à l’insuline, la lipolyse, diminuerait l’inflammation et préviendrait diverses maladies neurodégénératives. 

La restriction calorique et la perte de poids

Une des premières études et des plus concluantes sur l’humain a été menée par une équipe américaine dirigée par la biologiste Leanne Redman. Elle explore les mécanismes biologiques permettant d’expliquer les effets bénéfiques de la restriction calorique sur la santé. Au cours de 2 ans, 34 sur 53 personnes incluses dans l’étude ont diminué leurs apports caloriques d’environ 15% sans modifier la composition du repas.

Ces personnes ont perdu en moyenne 9 kilos. L’étude a démontré que la réduction de 15% entraînait un ralentissement du métabolisme c’est-à-dire des réactions biologiques de l’organisme. Elle provoque de même la diminution de la production de radicaux libres dont l’accumulation constitue un facteur de vieillissement. 

Comment suivre sur le régime ?

Le régime le plus connu actuellement est celui médiatisé par le médecin nutritionniste Jean-Michel Cohen. Il est fondé sur une alimentation variée et équilibrée. 

Suivre le régime hypocalorique équivaut à réduire l’apport de calories de manière à en consommer moins que l’on n’en dépense. Aucun aliment n’est exclu, cependant, la quantité doit être surveillée. En même temps, la restriction calorique ne devrait pas être à l’origine des carences alimentaires. En résumé, le but est de manger moins mais d’optimiser l’alimentation pour miser sur sa qualité. 

Pour une perte de poids

Afin de déterminer le nombre de calories quotidiennes, il convient tout d’abord de fixer une perte de poids précise. Effectivement, le nombre de calories diffère en fonction des kilos à perdre. D’un autre côté, le régime s’associe à des réflexes simples tels qu’éviter le grignotage et les boissons à forte teneur en sucres. Il convient également de bien suivre de près les assaisonnements et les sauces de façon à ce qu’ils contiennent moins de matières grasses. 

Le suivi de la restriction calorique impose une contrainte si l’on souhaite qu’il soit efficace. Premièrement, il nécessite de procéder à certains calculs pour ne pas dépasser la quantité autorisée. Cela peut être particulièrement frustrant au début car il n’est pas toujours facile de se contrôler.

Par la suite, la stabilisation est essentielle afin d’éviter l’effet « yoyo ». Une fois la perte de poids souhaitée obtenue, il est nécessaire de procéder de façon progressive dans l’augmentation du quota calorique. Il convient également de conserver les bonnes habitudes alimentaires et d’augmenter l’activité physique. 

Les avantages et inconvénients de la restriction calorique

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Quels sont les effets bénéfiques de ce régime ?

Un premier avantage de la restriction calorique correspond au fait qu’elle ne restreint aucun aliment. La personne peut très bien profiter d’un plaisir alimentaire tout en surveillant sa quantité. D’un autre côté, le régime hypocalorique convient à tout le monde, allant d’un patient en surpoids à ceux avec uniquement quelques kilos en trop. Cependant, il est préférable de ne pas l’appliquer sur les enfants et les personnes âgées afin de prévenir d’éventuels effets secondaires. 

Existe-t-il des points négatifs à souligner ?

Il est possible que la restriction calorique expose l’individu à certains effets secondaires dont les plus courants sont les calculs biliaires. Ceux-ci sont fréquents chez les femmes obèses et particulièrement dans le cas d’une perte de poids rapide. Pour cela, il est conseillé de suivre le régime à long terme et d’utiliser en parallèle des compléments alimentaires pour favoriser le transit intestinal. 

La restriction calorique et les maladies

Selon des études, une alimentation riche en graisses et restreinte en calories améliorerait la prévention et le traitement des cancers. De nombreuses études suggèrent également que la diminution de la ration quotidienne en calories limitait le risque de certaines maladies dont le diabète et certaines maladies cardiovasculaires. De plus, il se révèle que la fonction diastolique des personnes en restriction calorique ressemblerait à celle des personnes ayant 15 ans de moins. 

Quelques faits et mythes sur la restriction calorique

La restriction calorique est à la fois un outil potentiellement utile pour la gestion de l’alimentation et la perte de poids, ainsi qu’un comportement à risque à perpétuer. C’est un terme qui fait référence à la surveillance intentionnelle des calories afin de s’assurer que moins de calories que la normale soit ingérée.

Quand une personne mange ingère moins de calories, elle aura tendance à perdre du poids en général, ou à ralentir son rythme de prise de poids. Même si ces résultats sont bénéfiques pour de nombreux individus, il est essentiel de comprendre les divers faits relatifs et mythes à cette pratique avant de la pratiquer en tant que technique de régime efficace. 

Les faits

La restriction calorique peut aider à perdre du poids. Le fait est que la perte de poids du corps est le résultat direct de la quantité de calories que l’on apporte avec les boissons et les aliments. Et ce, par rapport à la quantité de calories qu’on brûle en faisant de l’exercice.

En réduisant la quantité de calories qu’on met dans notre corps, on modifie cet équilibre afin de favoriser la perte de poids. Bien que cela ne signifie pas forcément qu’on va en perdre, étant donné qu’on consomme peut-être plus de calories que l’on ne brûle. Cela peut alors ralentir la perte de poids. 

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Par ailleurs, il est possible de pratiquer la restriction calorique de manière saine et sans danger. De façon générale, tout type de régime est une restriction calorique. Autrement dit, on contrôle la quantité de nourriture que l’on met dans notre corps. Ce qui permet de limiter et de contrôler les calories qu’on consomme. 

D’autre part, les plans de régime de restriction calorique ne devraient toujours être effectués que pendant une courte période de temps. En effet, une restriction calorique sévère peut perturber le métabolisme et les activités à court terme du corps. Cela peut également avoir des effets négatifs sur le corps durant des semaines, des mois, ou même des années. Les régimes de restriction calorique plus modérés sont généralement meilleurs à long terme si l’on veut maintenir une perte de poids importante.  

Les mythes

Contrairement aux idées reçues, le type de calories qu’on consomme tout en maintenant un régime alimentaire restreint est très important. Même s’il est possible de perdre du poids en mangeant un petit nombre de calories entièrement à base de malbouffe, cela comporte un risque pour le corps. Ce dernier n’obtiendrait pas les nutriments appropriés dont il a besoin. Ainsi, cela peut à la fois ralentir le processus de perte de poids, mais aussi provoquer toute une série d’autres troubles de santé potentiels. 

En outre, la restriction calorique n’est pas faite pour tout le monde. De manière générale, ce type de régime et de contrôle du poids convient mieux aux individus ayant consulté un expert en nutrition ou un médecin. 

D’ailleurs, le fait de limiter les calories consommées peut être un excellent moyen de perdre du poids. Toutefois, limiter les calories de façon trop sévère peut amener à des conditions de santé dangereuses, notamment l’anorexie. Ces conditions sont très dangereuses et peuvent causer des dommages corporels permanents. Elles peuvent même provoquer la mort si elles ne sont pas correctement traitées.

Sources et références :

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02324749/document

https://www.bbc.com/afrique/monde-55575140#:~:text=Mais%20depuis%20une%20%C3%A9tude%20fondamentale,maladies%20li%C3%A9s%20%C3%A0%20l’%C3%A2ge.

https://theconversation.com/manger-un-peu-moins-permettrait-de-vivre-plus-vieux-et-en-meilleure-sante-95662

https://www.thierrysouccar.com/blog/la-science-devoile-le-secret-de-la-longevite