Le stress oxydatif, ses caractéristiques et ses effets délétères

Le stress oxydatif
23 septembre 2020
-

Le stress oxydatif se produit par le déséquilibre entre production de radicaux libres et capacité de l’organisme à s’y défendre. On le connaît également sous le terme de stress oxydant. Il s’agit d’un type d’agression des constituants de la cellule que divers stress cellulaires et nombreux mécanismes induisent. Le stress oxydant devient une situation pathologique lorsque les espèces réactives submergent le système de protection. Il convient de préciser que stress oxydatif, au niveau cellulaire et stress psychologique au niveau de l’organisme ne sont pas à confondre.

Qu’entend-on par stress oxydatif ?

Le stress oxydant se produit quand les radicaux libres appelés espèces réactives de l’oxygène (ERO) agressent les cellules. En d’autres termes, le stress oxydatif est le résultat d’un déséquilibre entre les radicaux libres pro-oxydants et les antioxydants.  Les espèces réactives de l’oxygène sont des substances réactives très toxiques que l’organisme produit en permanence à partir de l’oxygène. Il faut distinguer le terme de « stress » avec le stress psychique ou psychosocial que l’on connaît. Dans le cas présent, il s’agit d’une agression chimique oxydative de notre organisme. Ce n’est par conséquent pas une maladie, cependant, il peut créer les conditions d’une maladie ou les accélérer.

La formation des radicaux libres

Les radicaux libres sont des molécules qui contiennent du dioxygène, à l’origine du processus naturel de l’oxydation des cellules. Ce sont des molécules très instables, chimiquement réactives, à l’origine du stress oxydatif. Un équilibre antioxydant/radicaux libres contribuent à la destruction des bactéries et à la régulation des cellules mortes. Par contre, s’ils se trouvent en grande quantité dans l’organisme, ils risquent de lui être nocifs. En cas de déséquilibre entre radicaux libres et antioxydants, le système immunitaire du corps s’affaibli, lésant les mécanismes de défense. C’est pour cette raison que l’anomalie est à l’origine de nombreuses maladies chroniques.

Le facteur interne de production des radicaux libres

Toute une série de réactions biochimiques se produit dans notre organisme pour produire de l’énergie. Celle-ci permet à notre corps de bouger, de faire des exercices, de réfléchir, etc. Ces réactions biochimiques produisent des radicaux libres en quantité normalement contrôlée. On appelle radicaux libres, les agents oxydants que génère l’organisme par les mécanismes qui utilisent l’oxygène. C’est par exemple le cas de la respiration. Nous produisons également les radicaux en interne lors d’une réaction inflammatoire ou pendant les exercices physiques.

Les facteurs externes de production des radicaux

Certains facteurs et éléments externes accentuent le nombre des radicaux à l’intérieur de l’organisme. Ce sont notamment les cas :

  • De l’exposition trop importante aux rayons Ultraviolets ;
  • De l’exposition à certains pesticides et autres agents chimiques ;
  • De la fumée de cigarette ;
  • De la pollution ;
  • De l’alcool ;
  • De l’alimentation trop riche en sucres et graisse, etc.

Les radicaux s’attaquent aux cellules du corps et provoquent par la suite les stress oxydants. Afin de les combattre, il est crucial de privilégier les apports en antioxydants. D’un autre côté, il faut également essayer de les éviter dans la mesure du possible.

Les fonctions des radicaux libres

Les radicaux libres exercent sur l’organisme des fonctions paradoxales. Tout en étant bénéfique à notre corps, notamment pour se défendre des infections, ils peuvent être néfastes à haute dose. En effet, ils risquent d’abîmer les molécules vitales du corps et de rendre celui-ci malade en cas de production importante. La clé consiste à détenir un bon équilibre entre la production des radicaux et la production d’enzymes à visée anti-oxydante.

Les antioxydants pour lutter contre les radicaux libres

Les antioxydants sont des molécules qui ralentissent l’oxydation. Ils protègent les cellules, détruisent les radicaux libres et donc réduisent le stress oxydatif. Pour lutter contre la prolifération des radicaux, les antioxydants sont ainsi très efficaces car ils neutralisent leurs effets. La principale source inépuisable d’antioxydant est l’alimentation. De même, les compléments alimentaires en fournissent également un apport considérable. Il existe plusieurs types d’antioxydant dont les meilleurs sont les suivants.

Les caroténoïdes

Il s’agit de pigments naturels facilement assimilables par l’organisme. On les retrouve dans tous les aliments d’origine végétale de couleur rouge, jaune et orange. On les rencontre également dans les légumes à feuilles sombres et les algues.

La vitamine C et la vitamine E

La vitamine C est présente dans les agrumes, les légumes, les fruits exotiques et les fruits rouges. Elle est hydrosoluble et est sensible à la lumière et à la chaleur ; l’organisme l’élimine facilement. Quant à la vitamine E, on les rencontre dans les huiles végétales, les crustacés et les graines oléagineuses. Elle est liposoluble et est très bien stockée dans l’organisme.

Les polyphénols et les flavonoïdes

Il s’agit de molécules organiques typiques du règne végétal. On les rencontre le plus souvent dans les fruits rouges, les agrumes, le thé vert, les pommes, etc.

Les oligoéléments

Ce sont notamment le zinc, le cuivre et le sélénium lesquels possèdent des vertus oxydantes exceptionnelles. Les aliments riches en zinc sont :

  • Les fruits de mer ;
  • Les abats ;
  • Les céréales complètes et ;
  • Les fromages.

Les cuivres sont présents dans les foies, les huîtres, les chocolats noirs, … Le sélénium quant à lui se rencontre dans les poissons, les foies, les viandes et œufs, les graines oléagineuses et les huîtres.

Comment éviter les radicaux libres

Il est crucial de ralentir la production des radicaux libres pour ralentir le vieillissement des cellules et la survenue de certaines maladies. Il est de même essentiel de limiter leurs effets sur les cellules.

Ralentir la prolifération des radicaux dans l’organisme

Pour ralentir la prolifération des radicaux dans l’organisme, quelques conseils pratiques à adopter consistent à :

  • Réduire la consommation d’alcool et de tabac ;

  • Favoriser une bonne nuit de sommeil ;

  • Eviter dans la mesure du possible le surpoids et les excès caloriques ;

  • Eviter l’abus d’exposition au soleil surtout en l’absence d’écran solaire ;

  • S’éloigner des environnements stressants ;

  • Eviter les activités trop intenses et la fatigue ;

  • Limiter la consommation de produits oxydants incluant les viandes rouges, les boissons sucrées, etc.

Ralentir les effets des radicaux libres sur les cellules

Afin de ralentir les effets des radicaux libres sur les cellules, il est important de suivre les conseils suivants. Il faut notamment :

  • Adopter une alimentation équilibrée et riche en antioxydants ;

  • Donner un privilège à la consommation d’aliments frais ;

  • User des compléments alimentaires pendant les périodes de stress oxydatif comme pendant un exercice intense ou une situation de stress répétitive ;

  • Utiliser des produits cosmétiques enrichis en actifs antioxydants.

Il est préférable de choisir un complément alimentaire qui combine plusieurs antioxydants pendant les cures. Cela est notamment nécessaire pour éviter les surdosages. De même, le traitement ne devrait pas dépasser les 2 à 3 mois. S’il est nécessaire de le poursuivre, il faut tout d’abord consulter préalablement un médecin.

Les effets délétères du stress oxydatif

En optant pour un mode de vie sain, l’organisme a les capacités pour neutraliser les radicaux libres produits en quantité normale. Cependant, les radicaux produits en quantité importante s’accumulent dans le corps et deviennent néfastes. Ils sont notamment néfastes pour un certain nombre de molécules organiques dont nos gènes, nos protéines et nos lipides.

Le stress oxydant et le vieillissement

Lorsque les radicaux libres s’accumulent dans la cellule, certaines molécules antioxydantes comme les vitamines E et C les neutralisent. Une production élevée de radicaux libres peut être le résultat d’une inflammation, du tabagisme, de l’alcool, d’une alimentation riche en graisse… L’accumulation de ces radicaux favorise le vieillissement accéléré des cellules de l’organisme. Un projet qu’a réalisé le Réseau Environnement Santé de France a conclu une forte corrélation entre adiposité excessive, tabagisme et vieillissement cellulaire. Aujourd’hui, le stress oxydatif est connu comme l’explication essentielle de ce phénomène qu’est le vieillissement.

Le lien entre le stress oxydant et l’apparition de maladies chroniques

En effet, l’altération touche tous les organes du corps dont les muscles, le cœur, les vaisseaux, le cerveau, etc. Les stress oxydants peuvent alors augmenter le risque de développer certaines maladies neurodégénératives, cardiovasculaires et même le cancer. Pour le cas des maladies dégénératives, il peut s’agir de la maladie de Parkinson, de l’Alzheimer ou le DMLA. Des maladies chroniques évolutives peuvent également se former dont :

  • Les maladies rhumatismales ;
  • Les maladies pulmonaires ;
  • Les maladies digestives ;
  • Les maladies cardio-vasculaires ;
  • Les maladies métaboliques ;

Mesurer le stress oxydant par un bilan sanguin

Pour diagnostiquer le stress oxydant, le médecin va prescrire un bilan sanguin du stress oxydant. Celui-ci met en évidence l’importance du stress pour savoir s’il est débutant ou installé. Il permet également d’identifier le taux en enzymes anti-oxydants et en oligoéléments dans le sang.

Pourquoi faire un bilan sanguin ?

Le bilan de stress oxydatif est basé sur le dosage de marqueurs présents dans le sang et l’urine. L’une des théories pour expliquer le vieillissement s’appuie sur cette théorie du stress oxydant. Mesurer son stress oxydant revient donc à être un geste préventif. En effet, la détérioration des cellules par les radicaux libres est à l’origine de l’augmentation de diverses maladies. Pour prévenir celles-ci, le fait de disposer d’une analyse fiable pour évaluer le degré du stress oxydant est nécessaire. Il est ainsi bénéfique que les particuliers puissent eux aussi prendre l’initiative de l’analyse pour y ajuster leur mode de vie.

Exécution du bilan sanguin

Le bilan sanguin du stress oxydant requiert un pré analytique rigoureux et un choix pertinent des biomarqueurs. Actuellement, les biomarqueurs dont on dispose ont des taux de pertinence variables. Le plus fiable est le glutathion réduit (GSH) avec un taux de pertinence de 90 à 100%. À côté, le dosage de la SOD ou superoxyde dismutase ne présente un taux que de 20% de pertinence. Faire un état des lieux sérieux nécessite le dosage de 5 à 15 marqueurs. Il est par la suite possible de complémenter en fonction des résultats obtenus.

Les zones d’ombre des biomarqueurs

Il existe encore certaines zones d’ombre qui subsistent sur les biomarqueurs. En premier lieu, les procédures ne sont pas toujours standardisées et les valeurs de référence varient d’un laboratoire à un autre. Le lien avec le sexe, l’âge, le mode de vie et les maladies dont on souffre a encore besoin de clarification. Aussi, on débat sur le caractère prédictif des marqueurs. Enfin, pour certains des marqueurs, on commence seulement à connaître les mesures qu’il faut adopter. Ce sont notamment les mesures à adopter dans le mode de vie et l’alimentation pour les ramener à la normale.

L’évaluation de la capacité anti-oxydante du sang

On propose souvent cette évaluation car les méthodes permettant de le réaliser sont aujourd’hui disponibles. Toutefois, l’interprétation des dosages doit se faire avec beaucoup de prudence car selon la méthode, elle pourra être surestimée ou sous-estimée. L’idéal consiste alors à réaliser un faisceau d’analyse englobant les types de marqueur afin de dresser un panorama relativement fiable. Il s’agit premièrement d’une analyse reflétant l’état de santé de notre système de défense antioxydant. En second lieu, il s’agit de faire une analyse qui reflète les dégâts que le stress oxydant a provoqués.

Les limites du bilan

Le bilan du stress oxydant permet de connaître de nombreux paramètres personnels et de voir où l’on se situe. Toutefois, chaque organisme n’est pas égal devant le stress oxydant car les métabolismes sont différents. Deux personnes qui fument avec des modes de vie comparables peuvent réagir différemment. La première peut présenter un terrain favorable à l’oxydation tandis que l’autre non. C’est pour cette raison que l’interprétation des résultats doit se faire avec prudence et à l’aide d’un professionnel.

Le stress et les sportifs

L’effort physique amplifie la présence de radicaux libres dans l’organisme en raison de la respiration plus soutenue. La relation entre le sport et le stress oxydatif estde ce fait complexe. Elle dépend notamment du mode, de l’intensité et de la durée de l’exercice. L’effort physique n’est bénéfique pour la santé que lorsqu’il est modéré. Cependant, on peut accompagner les activités sportives très intenses d’une consommation supplémentaire d’antioxydants pour réduire l’augmentation du stress oxydatif.

Etudes scientifiques:


Recevez tous nos astuces pour rester en bonne santé !

Recevez tous nos astuces pour rester en bonne santé !