Parlons de la rigidité artérielle

La rigidité artérielle
16 septembre 2020
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Ces dix dernières années, les recherches ont permis de démontrer que les maladies cardiovasculaires constituent aujourd’hui l’une des principales causes de décès et de morbidité. Et il faut savoir que c’est surtout avec l’âge que se développe ce qu’on appelle la rigidité artérielle, à la base de ses différents dysfonctionnements cardiovasculaires.

Qu’est-ce que la rigidité artérielle ?

En principe, lorsque notre organisme vieillit, des modifications structurelles et fonctionnelles vont également intervenir sur l’arbre vasculaire. Logiquement, le vieillissement de l’organisme va commencer par engendrer quelques altérations, qui vont provoquer à leur tour la formation de lésions athéromateuses. Au fur et à mesure que ces lésions vont se développer, les artères vont devenir également de plus en plus rigides. La paroi artérielle est de plus en plus épaisse et le problème va facilement atteindre le niveau cardiaque.

Le mécanisme de l’arbre artériel humain

La paroi artérielle, dans sa définition classique, est considérée comme étant composée de trois couches successives, à savoir l’adventice, le media et l’intima. Pour chaque couche, de nombreuses cellules y sont logées et ces cellules sont appelées à interagir entre elles. Elle comprend pour chacune d’entre elles à cet effet une matrice extracellulaire qui contrôle les interactions entre les différentes cellules.

Cependant, la répartition cellulaire entre les couches est évolutive. Lorsque l’âge de la personne commence à avancer et à chaque pathologie dont elle a pu être victime, des migrations cellulaires ont lieu. Par exemple, face au stress quotidien, les cellules musculaires lisses des vaisseaux ou CMLV ont tendance à réagir très rapidement. À ce moment très précis, si la répartition cellulaire est perturbée, les vaisseaux deviennent moins lisses, plus rigides et la mobilité en sera bouleversée.

 En principe, le système artériel comprend des artères élastiques de moyens et de gros calibres, ainsi que des artères musculaires périphériques, qui sont de petits calibres. Les groset moyens artères sont logées au niveau central de l’arbre artériel. Ils sont particulièrement riches en élastine et en collagène. Ils sont chargés de la distribution sanguine dans tout l’organisme et optimisent par la même occasion la pression de sortie au niveau du ventricule. Les artères de petits calibres par contre présentent une couche de cellules musculaires lisses plus importantes. Ils ont pour rôle de tamponner le flux artériel ainsi que les variations de pression, lorsque des contractions ont lieu au niveau du ventricule.

Ce sont les fibres élastiques qui vont revêtir un rôle central dans la résistance de nos vaisseaux sanguins. Par contre, les fibres de collagènes vont agir pour la résistance artérielle, lorsque la pression artérielle commence à monter.

L’évolution de l’arbre artériel au fur et à mesure de l’âge

Avec l’avancement de la vie, l’arbre artériel subit deux processus d’évolution, au niveau de sa structure, mais également de sa fonctionnalité. On parle du processus d’athérosclérose et d’artériosclérose.

Le processus de l’athérosclérose

L’Organisation mondiale de la santé définit l’athérosclérose comme étant « une association variable de remaniements de l’intima des artères de gros et de moyen calibre consistant en une accumulation focale de lipides, de glucides complexes, de sang et de produits sanguins, de tissu fibreux et de dépôts calcaires ». Il s’agit notamment d’une modification au niveau de l’intima, qui induira à son tour un remodelage également au niveau du media.

Le processus de l’athérosclérose commence dès l’âge de l’enfance, de manière infraclinique. Les lésions se forment peu à peu au cours des années. Ces lésions artérielles sont localisées, et provoquent une diminution du calibre des artères. Chez certaines personnes, des risques de sténose artérielle peuvent également apparaitre plus tard.

Le processus de l’artériosclérose

Par définition, on entend par artériosclérose « l’épaississement et la perte d’élasticité de la paroi des artères de toutes tailles ». Contrairement au processus de l’athérosclérose, celui de l’artériosclérose a fait l’objet de moins d’études. Ces deux pathologies partagent bien entendu de nombreux points communs, mais l’artériosclérose présente également quelques caractéristiques qui lui sont propres.

L’artériosclérose intervient à l’issue de certaines évolutions et modifications non focales dans l’arbre vasculaire. Mais ces modifications vont ensuite se généraliser sur l’ensemble du système artériel, jusqu’à épaississement et perte d’élasticité de la structure de l’intima et de celle du media. La compliance des artères élastiques à cet effet va baisser considérablement. Par contre, l’artériosclérose ne va pas toucher la lumière des artères de gros et de moyens calibres. Ils ne vont pas diminuer, mais au contraire, vont gagner en diamètre.

Lorsque l’artériosclérose arrive à ses fins, la calcification du vaisseau va intervenir et conduira à la rigidification de celui-ci. On parle de la calcification artérielle. Elle intervient principalement chez l’homme et la femme à partir de 70 ans.

Comment évaluer le vieillissement artériel conduisant à la rigidité artérielle ?

Des examens cliniques permettront d’évaluer l’état fonctionnel et structurel de l’arbre artériel. Une exploration fonctionnelle et non biologique est réalisée à cet effet, durant laquelle on procède à la mesure de l’onde de pouls, de la pression pulsée et de l’état de la calcification artérielle.

Le principe de la pression pulsée

La pression pulsée est la différence entre la pression systolique maximum et la pression diastolique minimum. Il s’agit de l’index de rigidité artérielle par excellence, qui permettra efficacement de déterminer l’EIM et le niveau de dilatation. Lorsque la pression pulsée augmente, cela laisse entendre qu’il y a un risque élevé de mortalité totale et cardiovasculaire chez une personne. Entre 20 à 90 ans, une personne voit augmenter les facteurs plus rapidement.

La technique de mesure de l’onde de pouls

Le but de la technique est de mesurer la vitesse de l’onde de pouls, ce qui permettra à son tour d’évaluer la calcification artérielle aussi bien de manière qualitative que quantitative. On parle de vitesse de l’onde de pouls pour décrire la vitesse de propagation de l’onde dans un segment de l’arbre artériel. Lorsqu’un vaisseau commence à devenir rigide, l’onde gagne en vitesse de déplacement. Au fur et à mesure que l’âge d’une personne avance, la vitesse de l’onde de pouls va également augmenter de façon linéaire.

Par ailleurs, la mesure de l’onde de pouls va permettre également d’évaluer l’EIM.

La technique de la radiographie

Cette fois-ci, le patient est sûr qu’une calcification s’est déjà développée dans son organisme. La radiographie va permettre de localiser avec précision la calcification sur la paroi. Lorsque la calcification a lieu sur la media, des lésions opaques se forment et seront aperçues directement au niveau des artères. Par contre, lorsqu’elle se produit sur l’intima, l’opacité est variable et la lésion se présente sous forme de plaques. Des lignes de calcification apparaissent au niveau des artères. Pour les évaluer, on les classe par score allant de 0 à 8, en fonction du nombre de vaisseaux touchés.

Comment se manifeste la rigidité artérielle au niveau biologique et physiopathologique ?

De nombreux mécanismes physiopathologiques accompagnent le processus de vieillissement artériel et celui de la rigidité qui s’en suit. D’abord, un état inflammatoire se déclare au niveau de la paroi artérielle, et se développera chroniquement au fur et à mesure que les années passent. Cet état inflammatoire va avoir lieu principalement durant la phase de l’athérosclérose, et provoquera d’importantes altérations vasculaires. Ensuite, les capacités antioxydantes du corps vont également baisser, on parle dans ce cas du processus oxydatif ou stress oxydant. C’est ensuite au cours de l’artériosclérose que d’autres sources biomarqueurs apparaitront, qui indiqueront un vieillissement artériel.

Pour information, la pression artérielle constitue une résultante physique lorsque le sang est éjecté par le cœur, jusqu’aux vaisseaux sanguins. La pression s’exerce directement sur les parois vasculaires à ce moment. Deux valeurs seront prises en compte :

  • Une valeur haute, lorsque le cœur commence à se contracter et que le sang se propulse de l’aorte vers les artères périphériques (on parle de la systole) ;

  • Une valeur basse, lorsque le cœur commence à se détendre et que le sang arrive au niveau des ventricules et pénètrent par la suite dans les oreillettes par les veines (on parle de diastole).

La personne souffre de l’hypertension artérielle lorsque la mesure des valeurs indique des données supérieures à la normale, à savoir 140 mmHg pour la pression systolique et 90 mmHg pour la pression diastolique.

Il faut savoir que la rigidité artérielle, qui conduit à l’hypertension artérielle est l’une des affections cardiovasculaires les plus communes aujourd’hui. Et l’incidence augmente avec l’âge, car dans plus de 50 % des cas, le patient est âgé de plus de 65 ans.

Les symptômes d’une hypertension

L’hypertension ne laisse entendre généralement aucun symptôme. Le plus souvent, les patients ignorent complètement qu’ils sont touchés par le problème de la rigidité artérielle. Une personne sur deux seulement a connaissance de son état, d’après les recherches entreprises. Seule cette personne sur deux pourra ensuite suivre le traitement adéquat, relatif aux antihypertenseurs.

Néanmoins, certains troubles peuvent et doivent vous mettre la puce à l’oreille :

  • Des maux de tête fréquents et permanents, qui sont surtout culminants au moment du réveil le matin ;

  • Des troubles de la vue ;

  • Des vertiges ;

  • Des palpitations cardiaques ;

  • Des suées ;

  • Des saignements de nez

Lorsque les poussées hypertensives interviennent un peu trop brutalement, d’autres malaises plus violents peuvent survenir comme les difficultés respiratoires.

Par ailleurs, une hypertension mal traitée peut entrainer de graves complications au niveau cardiovasculaire et cérébrovasculaire.

Lorsque les artères commencent à devenir rigides, la personne souffre d’hypertension artérielle et sera exposée à d’autres problèmes plus graves que l’inconfort de vie. Il peut s’agir :

  • D’un accident cardiovasculaire et cérébral, face à une montée de pression trop brutale ;

  • D’une cardiopathie ischémique ;

  • D’une artériopathie des membres ;

  • D’une insuffisance rénale chronique ;

  • De la rétinopathie ;
  • Des maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer.

D’autres facteurs au-delà de l’âge du patient

Si l’âge constitue le facteur clé de la rigidité artérielle, il n’est pourtant pas le seul. Aujourd’hui, les problèmes d’hypertension sont dits essentiels, car ne se limite à des causes connues comme l’âge. Dès que les artères commencent à perdre de leur élasticité, plus aucune modification n’est possible et le patient s’expose à l’hypertension artérielle.

L’hygiène de vie au-delà de l’âge est un principal facteur de risque, notamment :

  • Le surpoids ;
  • La sédentarité ;
  • La surconsommation d’alcool ou de tabac ;
  • Le surdosage de sels.

La rigidité artérielle peut également intervenir dans de rares cas comme :

  • Une maladie des glandes surrénales ;
  • Une maladie rénale ;
  • Une maladie vasculaire ;
  • Une maladie endocrinienne ;
  • Des traitements spéciaux (relatifs aux hormones).

Mais il existe également certains cas où l’hypertension résulte du patrimoine génétique de la personne.

Comment traiter la rigidité artérielle ?

La rigidité artérielle peut être considérée comme étant un point de non-retour, où désormais un traitement de guérison n’est plus envisageable. Ce qu’on fait dans ce cas, c’est atténuer les symptômes et les risques de développement d’une hypertension artérielle.

La première prise en charge ne concerne en rien des traitements médicaux. Il s’agit plus tôt de mesures hygiénodiététiques, qui vont permettre de corriger le mode de vie du patient :

  • La réduction du poids pour les patients en surcharge pondérale ;

  • La pratique d’exercices physiques réguliers en fonction de chaque profil ;

  • La réduction de la consommation d’alcool, de sel et de tabac ;

  • La correction de l’alimentation vers l’équilibre alimentaire et la consommation de produits sains et frais (sans conservateur).

Lorsque le problème de pressions artérielles persiste, les médicaments hypertenseurs vont commencer à entrer en scène. D’abord, il s’agira d’une monothérapie, c’est-à-dire un seul médicament, et ensuite une association de plusieurs médicaments à faible dose si la tension ne redescend toujours pas à la normale.

Il faut savoir que chaque patient présente un profil qui lui est propre, même si plusieurs d’entre eux ont le même âge et présentent le même souci artériel. Le traitement y est adapté en conséquence. Avec le progrès scientifique et technologique qui s’opère en ce moment, de nouvelles approches thérapeutiques sont travaillées aux quatre coins du monde pour prévenir toute forme de résistance au traitement à faible dose.

Etudes scientifiques :


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