L’hyperthermie désigne une température corporelle supérieure à la normale. En effet, la température corporelle normale devrait se situer autour de 37°C. Souvent, l’hyperthermie est associée à de nombreux signes cliniques, que ce soit cardiaques, digestifs, respiratoires, ou encore neurologiques. Elle présente effectivement une urgence médicale, car lorsque la température est trop élevée, les organes vitaux, y compris le cerveau, risquent d’être endommagés.

Le diagnostic est clinique, et est éventuellement complété par des examens complémentaires. En outre, la prise en charge de l’hyperthermie est urgente, et nécessite généralement une hospitalisation. Le traitement repose essentiellement sur le refroidissement du malade, ainsi que la prise en charge des éventuelles complications.

Qu’est-ce qu’une hyperthermie ?

La température corporelle est une constante biologique courante qui est facile à surveiller. Le tout premier thermomètre médicale a été mis au point par un médecin italien en 1626, et fait encore actuellement partie des indispensables. Une hyperthermie se définit comme étant une élévation de la température corporelle, soit plus de 37°C chez un être humain. Elle survient effectivement quand la production de chaleur par le corps excède ses capacités d’élimination. Les origines d’une hyperthermie peuvent être nombreuses.

On parle d’hyperthermie ou de coup de chaleur grave en cas d’élévation rapide de la température corporelle à plus de 40°C, associée à des problèmes cardiovasculaires, neuropsychiques, métaboliques et respiratoires. Elle survient entre autres chez la personne âgée ou l’enfant qui s’expose à une forte chaleur, ou pendant un effort musculaire intense dans une atmosphère chaude.

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Notre organisme dispose d’un système de régulation interne qui permet de maintenir la température corporelle autour de 37°C, afin de permettre son fonctionnement optimal. C’est un système qui repose sur la présence d’une sorte de thermostat au niveau de l’hypothalamus. Ce dernier reçoit effectivement des informations à partir de capteurs qui se trouvent sur tout le corps, et ce, de manière constante.

En cas de froid, l’hypothalamus qui est informé de la baisse de la température cutanée, active alors plusieurs mécanismes qui permettent de préserver la chaleur corporelle : contractions musculaires, frissons, vasoconstriction des vaisseaux.

À l’inverse, autrement dit, en cas de fortes chaleurs, l’hypothalamus donne l’ordre de faire des échanges thermiques avec l’extérieur (transpiration, vasodilatation). Même si ce système est performant, il aboutit parfois à une montée ou une descente inadaptée de la température corporelle. Par exemple, en cas d’atteinte de l’hypothalamus, de certains médicaments ou de tumeur cérébrale.

À savoir

Une anesthésie peut entraîner chez les personnes atteintes d’une anomalie musculaire une hyperthermie brutale nommée hyperthermie maligne per anesthésique. Il s’agit d’une complication grave de l’anesthésie qui se manifeste par une fièvre importante et par une raideur musculaire.

Quels sont les causes d’une hyperthermie ?

L’hyperthermie peut avoir de multiples causes, dont :

  • Une forte exposition au soleil, plus couramment appelée insolation ;
  • L’effet de certaines drogues au sein de l’organisme, comme en cas d’addiction à la cocaïne ou aux amphétamines ;
  • Une chaleur ambiante trop importante, qualifiée souvent de coup de chaleur et qui se manifeste notamment en cas de canicule ;
  • Une activité physique intense, aussi appelée coup de chaleur d’effort ;
  • La prise de certains médicaments, tels que des gaz anesthésiques et des relaxants musculaires.  

Remarque

Médicalement parlant, la fièvre et l’hyperthermie ne sont pas synonymes. En effet, une hyperthermie peut être causée par une augmentation de la thermogenèse (production de chaleur par l’organisme), une baisse de sudation ou une température ambiante élevée, sans modification au niveau de l’hypophyse.

D’un autre côté, la fièvre se caractérise par un point d’équilibre trop élevé avec une réduction de la thermolyse (déperdition de chaleur), ainsi qu’une augmentation de la thermogenèse, qui est due à la libération de substances pyrogènes libérées par une bactérie, un virus ou certains médicaments. Il faut savoir que la prise en charge reste la même, que le malade ait de la fièvre ou soit en hyperthermie.

Quels sont les facteurs de risque de l’hyperthermie ?

Il y a de nombreux facteurs qui peuvent favoriser l’hyperthermie :

  • obésité ;
  • âge extrême de la vie ;
  • hyperthyroïdie ;
  • milieu urbain ;
  • maladies (respiratoires, cardio vasculaires, cutanées, psychiatriques) ;
  • canicule ;
  • addictions ;
  • médicaments (neuroleptiques, diurétiques, antihypertenseurs, etc.) ;
  • exercice physique intense lorsqu’il fait chaud, etc.
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Quels sont les symptômes ?

En plus de l’élévation numérique de la température, l’hyperthermie peut également s’accompagner de symptômes :

  • Cutanéo-muqueux : on observe au début une sensation de frisson, ensuite, la sensation de chaud se manifeste avec une rougeur cutanée. Tout au long de l’état fébrile, on peut constater une alternance entre ces deux états. En cas d’hyperthermie grave et persistante, il peut y avoir des marbrures cutanées qui commencent généralement au niveau des membres inférieurs ;
  • La fréquence cardiaque augmentée jusqu’à provoquer une tachycardie ;
  • On constate une augmentation de la fréquence respiratoire pour favoriser une déperdition de chaleur par l’air expiré ;
  • Quand l’hyperthermie est prolongée, elle est souvent associée à une grande fatigue qui peut évoluer en apathie. Plus rarement, elle provoque au contraire une agitation. Des douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des maux de tête peuvent également être associées. ;
  • Après plusieurs jours, le malade peut souffrir de nausées, d’anorexie, de diarrhées ou de vomissement.

Chez l’enfant, une température supérieure à 39 ou 40°C est susceptible de conduire à des convulsions. Par conséquent, l’hyperthermie peut être :

  • Aigue quand elle s’installe de façon brutale ;
  • Insidieuse si elle s’établit de façon progressive, sans que le malade ne s’en aperçoive ;
  • Agressive, lorsque la température augmente progressivement afin d’atteindre un seuil maximum, appelé acmé.
  • Agressive quand la température augmente progressivement pour atteindre un seuil maximum, appelé acmé.

Qui sont concernés par l’hyperthermie ?

L’hyperthermie peut toucher un grand nombre de personnes en l’absence d’une bonne prévention. Cependant, il a été établi que certaines populations avaient un risque plus élevé :

  • Les personnes âgées ou/et fragiles, qui sont plus particulièrement exposées en cas d’exposition prolongée au soleil ou de canicule ;
  • Les sportifs qui pratiquent un sport de fond, notamment les marathoniens ;
  • Tout individu pratiquant un effort physique prolongé sous de fortes chaleurs ou/et en plein soleil.

Quels sont les traitements de l’hyperthermie ?

L’hyperthermie a besoin d’une prise en charge médicale rapide, car elle est en mesure d’exposer l’organisme à de graves répercussions. Dans un premier temps, le traitement de l’hyperthermie consiste à refroidir l’organisme. Pour ce faire, de nombreuses solutions peuvent être envisagées : mouiller la peau, retirer des couches de vêtements, utiliser un ventilateur, appliquer de la glace, etc.

Par ailleurs, d’autres mesures sont aussi prises en cas d’hyperthermie. En cas de canicule ou d’insolation, on entame entre autres une réhydratation de l’organisme. On peut aussi envisager un traitement médicamenteux pour traiter certains symptômes de l’hyperthermie.

Comment prévenir l’hyperthermie ?

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Il est possible de prévenir l’hyperthermie en essayant de limiter les facteurs de risque évitables. Par exemple, il est entre autres préconisé de :

  • Boire de l’eau sans modération ;
  • Limiter l’exposition aux fortes chaleurs ;
  • Ne jamais négliger son hydratation avant, durant et après une activité physique ;
  • Faire les exercices physiques intenses de manière progressive.

Que faire en cas d’hyperthermie chez le bébé ?

Lorsqu’un bébé est en hyperthermie, il peut devenir rouge, être chaud ou froid, en fonction de sa manière de réguler. Il peut également changer de comportement habituel, ou encore sembler plus grincheux ou plus fatigué.

La première chose à faire est de lui retirer les vêtements, le laisser en couche, et lui donner à boire. Il faut également prendre sa température et le garder sous surveillance. Lorsque la température d’un nourrisson de moins de trois mois augmente au-delà de 38°C, cela doit faire l’objet d’une visite chez un pédiatre ou un médecin généraliste.

Sources et références :

https://www.healthline.com/health/hyperthermia

https://www.medicalnewstoday.com/articles/320226

https://www.cancer.ca/en/cancer-information/cancer-101/cancer-research/hyperthermia-treatments/?region=on

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468912217300159