Les troubles du rythme cardiaque sont des anomalies de l’activité électrique qui régule et déclenche l’activité du muscle cardiaque. Elles se traduisent par, soit par un cœur qui bat trop vite (tachycardie, avec plus de 100 battements par minute), soit un cœur qui bat trop lentement (bradycardie, avec moins de 50 battements par minute). Mais il peut aussi s’agir d’un cœur qui bat de manière irrégulière (arythmie). 

Qu’est-ce qui peut les provoquer ?

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Les troubles du rythme cardiaque sont souvent provoqués par la présence de fibrose dans le muscle cardiaque. La fibrose est un tissu fibreux cicatriciel, inerte, se comportant comme un isolant. L’infarctus du myocarde, en particulier, laisse des cicatrices de ce type sur le cœur. Le muscle cardiaque n’est alors plus homogène et lisse, ce qui va gêner le cheminement de l’impulsion électrique et causer des troubles du rythme. Cela peut concerner les différentes parties du cœur (ventricules, oreillettes ou leur jonction). Lorsqu’il s’agit d’épisode bref d’arythmie ou de tachycardie, souvent dus à l’anxiété ou l’émotion, les troubles du rythme cardiaque sont désignés parfois sous le terme de palpitations. 

Quels sont les symptômes ?

Tachycardie (lorsque le cœur bat trop vite)

Il y a de nombreux types de troubles liés à un battement trop élevé du cœur : 

  • La fibrillation atriale ou auriculaire (rythme souvent trop rapide et irrégulier) ;

  • La maladie de Bouveret (arythmies qui se déclenchent de manière capricieuse et ponctuelle) ;

  • Le flutter et les tachycardies atriales focales (rythme souvent rapide et plus souvent régulier) ;

  • Les problèmes du rythme ventriculaires (extrasystoles, palpitations et tachycardie).

Dans la majorité des cas, il s’agit d’une situation d’urgence, étant donné que ces troubles peuvent être graves. Elles peuvent même être mortel et nécessiter des gestes de réanimation. 

La fibrillation atriale ou auriculaire

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On parle de troubles du rythme atriaux ou auriculaires lorsqu’ils se manifestent dans l’oreillette. La fibrillation atriale (anciennement fibrillation auriculaire), est la manifestation la plus classique. Elle est caractérisée par un rythme irrégulier, provoqué par plusieurs circuits ou foyers simultanés d’activation électrique anormale. Ainsi, les oreillettes en état de fibrillation se contractent de manière inefficace et désordonnée. Cela a des répercussions sur le remplissage, causant une réduction de 20 à 30% du débit cardiaque (le volume de sang mis en circulation dans le cœur). À cause de ce défaut de contraction, une stagnation du sang au niveau des oreillettes peut se produire. Et ce, avec un risque de constitution d’un caillot pouvant être éjecté hors du cœur et se déplacer vers les artères. Cela aboutit ainsi à une obstruction d’une artère cérébrale, avec un risque accrue d’AVC. 

Flutter atrial et autres tachycardies atriales

Les flutter et tachycardies atriales siègent aussi au niveau des artères. Ils se traduisent par des contractions très rapides mais régulières, avec une amplitude uniforme. Ces contractions sont de l’ordre de 2 à 300 par minute dans les oreillettes, mais transmises avec une fréquence de 2 ou 3 fois moins rapide aux ventricules. Les causes principales d’un flutter ou d’une fibrillation atriales sont les anomalies des valves cardiaques, la maladie coronaire ou angine de la poitrine, l’hypertension artérielle, l’hyperthyroïdie ou l’insuffisance cardiaque . Aucune cause n’est cependant retrouvée, excepté l’âge. 

La maladie de Bouveret

Elle désigne un épisode de tachycardie lié à un court-circuit. Ce dernier siège à l’intérieur ou autour du nœud auriculo-ventriculaire et se déclenche de manière capricieuse et ponctuelle. Et ce, à la suite d’une émotion ou sans aucune cause particulière. Elle affecte en particulier les plus jeunes. Ces arythmies sont souvent sans risque vital car ka gêne se limite à des palpitations. Toutefois, elles peuvent être handicapantes à cause de la répétition des crises. La fin de la tachycardie est généralement brutale, avec une sensation immédiate de détente. 

Tachycardie ventriculaire

L’apparition de trouble du rythme dans les ventricules est généralement liée à la présence de fibrose. D’ailleurs, cette fibrose est souvent le résultat d’un infarctus ayant causé une cicatrice dans le muscle cardiaque. Par ailleurs, des courts circuits électriques peuvent ponctuellement survenir autour ou dans la zone de cicatrice. La tachycardie ventriculaire démarre brusquement et est généralement mal toléré (angine de poitrine, douleur thoracique, perte de connaissance,…). 

Bradycardie : lorsque le cœur bat trop lentement

Quand l’impulsion électrique n’arrive pas à se propager correctement, cela peut causer un ralentissement excessif du rythme cardiaque, autrement dit la bradycardie. Or, cette faible cadence cardiaque risque d’empêcher une bonne irrigation cérébrale. Cela peut alors entrainer un essoufflement, une fatigue, des vertiges, voire même une perte brutale de connaissance. Lorsque la bradycardie est en rapport avec un blocage de l’influx électrique entre les ventricules et les oreillettes, le cardiologue pourra proposer l’implantation d’un pacemaker (un stimulateur cardiaque). 

Quels sont les traitements ?

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Les troubles du rythme cardiaque ont pour origine un dysfonctionnement électrique concernant l’une des cavités cardiaques ou leur jonction. On peut y remédier grâce à un traitement médicamenteux. Mais également par un choc électrique externe ou par la destruction du foyer cardiaque responsable. Enfin, on peut aussi y remédier via l’implantation d’un dispositif spécifique. Il peut s’agir d’un défibrillateur ou d’un stimulateur cardiaque (pacemaker).