L’insuline (hormone sécrétée par le pancréas), indispensable à la vie, a une face cachée, que l’on soit diabétique ou non. Cependant, un excès de cette hormone risque de conduire à l’obésité. D’ailleurs, de nombreuses maladies y sont aussi liées. Lorsque l’organisme possède une quantité anormalement élevée d’insuline dans le sang, une hormone qui fait baisser la glycémie, on parle alors d’ hyper-insulinémie. L’hyper-insulinémie est caractérisée par un taux sanguin d’insuline supérieur à la normale. Et ce, de façon chronique.

Quel est le rôle de l’insuline ?

L’insuline est une hormone qui a pour rôle de réguler le métabolisme des graisses et des hydrates de carbone. Elle permet aux cellules musculaires et au foie de prendre le glucose présent dans le sang afin de produire de l’énergie ou de le stocker. L’insuline facilite également la transformation du glucose dans les cellules adipeuses sous la forme de triglycérides 2. Un pic d’insuline se produit en réponse à l’ingestion alimentaire. Ce dernier étant généralement suivi d’une augmentation de la glycémie. Lorsque le glucose circulant dans le sang est entré dans les cellules productrices d’énergie (ou a été stocké), il devrait entraîner une baisse du niveau d’insuline au-dessous de 5 µIU/mL (35.7 pmol/l). 

Par ailleurs, afin de maintenir l’homéostasie du glucose, seule une infime quantité d’insuline résiduelle est nécessaire. Cependant, quand l’insuline à jeun est supérieure à 5 µIU/mL, cela indique un trouble métabolique de type prédiabète. Cela augmente considérablement les risques de développer une maladie dégénérative. Chez les personnes souffrant d’obésité et/ou de troubles métaboliques, les niveaux d’insuline restent obstinément élevés. Cela a pour conséquence des réactions destructrices dans l’organisme, mais plus particulièrement l’impossibilité de perdre du poids. En effet, l’excès d’insuline va favoriser le stockage du glucose dans les cellules graisseuses.

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Quels sont les causes de l’hyper-insulinémie ?

La principale cause d’un taux élevé d’insuline dans le sang est la résistance à l’insuline. Dans ce cas-ci, les cellules du corps qui sont censées pater le sucre excédentaire dans le sang (les cellules musculaires, le tissu adipeux, les cellules hépatiques) ne reconnaissent plus ou reconnaissent mal le signal envoyé par l’insuline. Par conséquent, la glycémie augmente et le pancréas produit plus d’insuline afin de faire baisser ce taux de sucre Ici, on assiste à un dysfonctionnement de la boucle de régulation de la glycémie et de l’insuline.

 Par ailleurs, les risques de développer une hyper-insulinémie par résistance à l’insuline sont fréquemment attribuables à des prédispositions génétiques. Plus rarement, l’hyper-insulinémie peut être causée par une tumeur du pancréas. Dans ce cas, la personne présente une hypoglycémie car il n’y a pas de résistance à l’insuline. Une autre cause rare de ce trouble est une nésidioblastose. Elle se caractérise par un nombre élevé de cellules sécrétant l’insuline dans le pancréas. Dans ce cas-ci, on observe aussi une hypoglycémie.

Quels sont les symptômes de l’hyper-insulinémie ?

L’hyper-insulinémie n’est pas un diabète en soi. C’est la résistance à l’insuline qui prédispose un individu à développer un diabète de type 2. Si le pancréas fonctionne mal au fil du temps et n’est plus capable de sécréter de l’insuline pour contrôler le taux de sucre dans le sang, un diabète de type 2 va s’installer. Les symptômes de l’hyper-insulinémie sont très diffus. D’ailleurs, on qualifie souvent ce trouble de « maladie silencieuse ». Les premiers songes sont la faiblesse musculaire, des maux de tête, des troubles de la vision, une soif intense, des tremblements, voire, une confusion. 

Lorsqu’il y a hyper-insulinémie prolongée, le patient va prendre du poids, étant donné que l’insuline favorise le stockage de graisses et amplifie la sensation de faim chronique. L’hyper-insulinémie provoquée par une résistance à l’insuline. Cela va accélérer la survenue d’un nombre important de troubles métaboliques, tels qu’une élévation des triglycérides, une baisse des HDL, ainsi qu’une obésité. De plus, l’excès d’insuline augmente le risque de développer certains cancers en agissant comme un accélérateur de la croissance cellulaire.

La face caché de l’insuline

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Les individus qui souffrent d’un diabète de type 1 ne produisent pas assez d’insuline. Pour eux, les injections d’insuline sont d’une importance vitale. Cependant, l’insuline a aussi un côté sombre insidieux. Les niveaux élevés sont pratiquement associés à toutes les maladies liées au vieillissement. Le processus de vieillissement, une mauvaise alimentation et d’autres facteurs réduisent la sensibilité à l’insuline des cellules.

Cette perte de sensibilité va contribuer à la libération excessive d’insuline dans l’organisme. En effet, celui-ci cherche à faire entrer le glucose du sang dans les cellules. La conséquence la plus immédiate est une prise de poids indésirable. L’insuline va remplir les cellules de graisse et empêcher celle-ci d’en sortir. Cela entreîne une sensation de faim chronique. Les niveaux élevés d’insuline contribuent également à développer des maladies associées au poids. Parmi les troubles dégénératifs figurent le cancer et les infarctus.

Les maladies et l’insuline

L’hyper-insulinémie est un problème de santé majeur lorsqu’il est lié à l’âge. Cela favorise l’hypertension en portant atteinte à l’équilibre du sodium. Trop d’insuline nuit aussi aux reins. Par ailleurs, le système vasculaire est également gravement endommagé par une exposition prolongée à un excès d’insuline. Ce dernier augmente le risque de développer et de favoriser la progression de certains cancers, en agissant comme un catalyseur de la croissance cellulaire. 

D’autre part, un niveau élevé d’insuline favorise la formation de bêta-amyloïde dans les cellules du cerveau et contribue parfois au développement de la maladie d’Alzheimer. C’est aussi un facteur qui peut contribuer à l’élargissement de la prostate à cause de ses effets sur la prolifération des cellules prostatiques. En outre, l’hyper-insulinémie est associée au développement de l’obésité abdominale. Cela exacerbe les différents problèmes induits par la résistance à l’insuline et l’augmentation de la graisse abdominale, dont l’impuissance et l’athérosclérose. L’obésité est aussi associée à un excès d’insuline. C’est aussi le cas d’une sensibilité réduite à l’insuline, qui sont des facteurs de risque du diabète de type 2.

La résistance à l’insuline et l’excès d’insuline entraînent des changements délétères dans plusieurs processus biochimiques. Ils peuvent alors conduire au développement d’un certain nombre de maladies métaboliques et dégénératives aux conséquences potentiellement mortelles.

Diabète et poids

L’excès de graisse corporelle est associé à un pourcentage élevé de maladies dégénératives. Les individus qui sont en surpoids font face à un risque très important de développer un diabète de type 2. Il faut savoir que les traitements de l’obésité et du diabète de type 2 sont interdépendants.

En traitant de manière efficace l’une ou l’autre de ces maladies, les médecins pourront contrôler ou atténuer l’autre. Un effet notable du surplus d’insuline peut aussi être la sensation constante de faim. Cette dernière provoque un cercle vicieux dans lequel la suralimentation entraîne un surplus de graisse corporelle. Cela amène à son tour une grande sécrétion d’insuline par le pancréas.

Quels sont les dangers de l’hyper-glycémie après le repas ?

L’élévation de la glycémie postprandiale (après le repas) et le pic d’insuline qui l’accompagne sont les contributeurs au développement des troubles liés à l’âge (notamment les maladies cardiovasculaires et les atteintes à la micro-vascularisation), ainsi que du diabète. Les individus qui ont des niveaux de glycémie à jeun normaux, mais dont le niveau moyen de glucose après le repas dépasse 194 mg/dL (10.8 mmol/l), présentent trois fois plus de risques de développer une rétinopathie diabétique que les autres. Plusieurs travaux indiquent que les pics de glycémie qui surviennent après les repas présentent les mêmes problèmes majeurs pour les non-diabétiques. Les principaux mécanismes par lesquels l’hyperglycémie postprandiale entraîne de tels problèmes sont une augmentation de la production de radicaux libres qui entraînent un endommagement de la paroi artérielle et la formation de produits de glycation avancée.

Une innovation dans la prévention

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Le régime alimentaire américain moderne contient des quantités excessives d’amidons. Pourtant, ceux-ci sont décomposés dans l’intestin et produisent une rapide élévation de la glycémie et de l’insulinémie après les repas. Même les individus qui ont des glycémies à  jeun « normales » présentent aussi un risque cardiovasculaire accru si leurs niveaux d’insuline et de glucose après les repas s’élèvent trop haut ou trop vite. La prévention existe sous la forme d’une enzyme naturelle qui aide de façon inédite à faire baisser le niveau de sucre dans le sang, ainsi que les pics d’insuline qui suivent les repas.

Comment traiter l’hyper-insulinémie

Afin d’abaisser ce taux d’insuline anormalement élevé, le professionnel de santé va établir un traitement qui agit sur de nombreux leviers tels que l’exercice, l’alimentation, ainsi que la perte de poids. Lors du traitement de l’hyper-insulinémie, des régimes alimentaires axés sur le contrôle glycémique (prendre en compte l’indice glycémique (IG) de chaque aliment) peuvent être bénéfiques.

Ils contiennent entre autres des légumes, des fibres, des fruits (environ 2 à 3 portions maximum chaque jour), des céréales entières et de la viande maigre. Ces régimes contiennent par conséquent très peu de sucres simples (comme le sucre, les confitures, les biscuits) et de produits qui sont issus de céréales raffinées (comme la farine, le riz, les pizzas, les pâtes, le pain blanc, etc.).

Sources et références :

https://www.news-medical.net/?tag=/Hyperinsulinemia

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6735759/

https://emedicine.medscape.com/article/921258-workup

https://care.diabetesjournals.org/content/31/Supplement_2/S262

https://www.diabetes.co.uk/hyperinsulinemia.html