Les facultés cognitives se dégradent avec le temps. Chez certains seniors atteints de maladies neurodégénératives, la dégradation peut être très importante jusqu’à handicaper le patient. Pour évaluer et apprécier les capacités cognitives d’une personne, divers tests sont actuellement disponibles. Tel est aussi le cas pour apprécier l’état de santé général d’une personne en calculant l’âge biologique. En faisant ces types de tests, de nombreuses personnes se demandent quelles interprétations donner aux résultats ? À quoi correspondent-ils ? Sur quelles bases scientifiques sont-ils fondés ? Dans ce qui suit, il sera question d’éclaircir ces zones d’ombres.

En quoi consistent les tests de facultés cognitives ?

Il est tout à fait naturel que les capacités et les facultés cognitives se dégradent progressivement avec le temps. Des tests spécifiques ont évalué cette dégradation et pour déterminer si elle correspond à l’âge chronologique de la personne testée. Effectivement, les changements en question doivent être légers. Ils ne doivent pas avoir des répercussions sur la santé et le fonctionnement du corps.

Bon nombre de tests sont facilement accessibles en ligne et permettent de mesurer rapidement le niveau de l’état cognitif. Concrètement, les tests de facultés cognitives ou encore les tests neuropsychologiques servent à évaluer le bon fonctionnement du processus cognitif.

À ce titre, les tests peuvent se présenter sous forme de questionnaires ou de stimuli. Ils évaluent la mémoire, l’attention, la planification, la prise de décision, le réflexe ou encore le langage.

Même si la majorité du temps, ce type de test est destiné à évaluer la cognition, il peut aussi être utilisé afin de repérer d’éventuels troubles cognitifs. Dans ce sens, les tests cognitifs permettent aux médecins et aux spécialistes de poser les diagnostics. Ils aident également à déterminer les changements cognitifs qui ne sont pas imputables au vieillissement normal.

Que teste-t-on durant ce type d’évaluation ?

Les principales fonctions cognitives évaluées lors de ce type de test sont : la mémoire, l’attention ou la concentration, les fonctions visuo-spatiale et les fonctions exécutives.

  • La mémoire : les tests effectués sur la mémoire peuvent concerner la sémantique (les connaissances acquises comme la culture générale) ou la mémoire procédurale qui se rapporte aux fonctions cognitives acquises et qui sont devenues automatiques au fil du temps. La mémoire épisodique est également testée. Il s’agit de cette forme de mémoire caractérisée par l’encodage des informations, leur stockage au niveau du cerveau pour qu’elles constituent une mémoire en long terme et leur récupération en temps voulu.
  • La concentration et l’attention : l’attention est la capacité à s’intéresser et à être alerte par rapport à ce qui se passe dans son environnement. La  concentration quant à elle, se rapporte à la vigilance lors de l’exécution d’une tâche donnée même s’il existe des facteurs pouvant distraire.
  • Les fonctions visuo-spatiale : appelées aussi fonctions constructives, cette fonction cognitive se réfère à la capacité de s’orienter correctement dans l’espace.
  • Les fonctions exécutives : ce type de fonction permet de coordonner, de manière efficace, toutes les fonctions cognitives. À ce titre, la capacité d’organisation et de planification, l’inhibition ainsi que la capacité à s’adapter aux changements sont testés.

Qu’entend-on par âge biologique ?

Lorsqu’on demande son âge à quelqu’un, il va toujours répondre par le nombre d’années après sa naissance. On appelle cet âge l’âge chronologique. Mais à côté de cet âge chronologique, il y a aussi ce que l’on appelle « âge biologique ». Ce dernier est influencé par le mode de vie, l’alimentation et l’environnement quotidien. Si une personne mène un mode de vie très sain, il est fort probable que son âge biologique soit inférieur à son âge chronologique.

Les scientifiques utilisent plusieurs méthodes pour déterminer l’âge biologique. Effectivement, son calcul peut se faire via l’analyse des réponses à des questionnaires. Cette méthode peut s’accompagner d’un entretien avec un expert ou d’une analyse du mode de vie et des données biométriques. Certains paramètres comme le poids, le taux de glycémie, la taille, le taux de cholestérol, le taux de masse graisseuse et le taux de masse musculaire sont pris en compte. Par ailleurs, les spécialistes tiennent également en compte l’état de santé de la personne concernée. Il en va de même pour ses capacités fonctionnelles et ses réflexes.

Comment interpréter les résultats du calcul de l’âge biologique ?

L’âge biologique détermine l’âge physiologique ou l’âge fonctionnel. Le résultat de son calcul reflète l’état de santé physiologique d’une personne. Ainsi, plusieurs personnes ayant le même âge chronologique ont de forte chance de ne pas avoir le même âge biologique. Effectivement, les habitudes de vie ainsi que le mode de fonctionnement du corps sont différents d’un individu à un autre.

Ainsi, l’âge biologique peut être inférieur ou supérieur à l’âge chronologique d’une personne. Tout l’intérêt de son calcul repose sur le fait de pouvoir quantifier l’état fonctionnel de l’organisme en général. Le résultat obtenu permet d’établir certains objectifs personnels permettant de maximiser le plus possible toutes ses fonctions.

Quelles recherches sous-tendent ces tests et calculs ?

Les formes de tests les plus courantes et les plus accessibles sont ceux qui vous mettent face à un stimulus et qui analysent votre temps de réaction. Ce type de test est généralement accessible sur la toile et tout le monde peut les effectuer. La majorité de ces tests tentent de déterminer le ralentissement du temps de réaction par rapport à l’âge. Ce temps de réaction est évalué pour déterminer l’âge fonctionnel de l’individu dans le calcul de l’âge biologique.

La fiabilité de ces tests de facultés cognitives et de ses calculs facilement accessibles est généralement source de polémique. Or, diverses recherches et études scientifiques ont été menées dans le but d’établir une relation entre la lenteur du temps de réaction, les facultés cognitives et l’âge biologique.

Le ralentissement lié à l’âge de la réaction pour effectuer un choix

Il s’agit d’une recherche menée par l’Human Cognitive Neurophysiology Laboratory, Verterans Affairs Northern California Health Care System ; le Département de Neurologie, le Centre de Neurosciences et le Center for Mind and Brain de l’Université de Californie ainsi que le Cendre de la maladie d’Alzheimer de cette même université.

L’objectif de cette recherche a été de montrer la corrélation existant entre le vieillissement et la durée du temps de réaction ou « choice reaction time » (CRT). Les expérimentations effectuées permettent aux participants soit de répondre correctement à un stimulus visuel en appuyant sur le bouton de la souris soit de répondre à des stimuli distrayants qui passent sur l’écran en appuyant l’autre bouton de la souris. La présentation des stimuli est effectuée au hasard dans les champs visuels droit et gauche. Au tout début, leur apparition a été asynchrone, mais au fur et à mesure que le participant donnait des réponses correctes, les stimulis deviennent ainsi de plus en plus synchrones.

Durant la première expérience, 1466 participants âgés de 18 à 65 ans ont pris part à l’étude. La durée du temps de réaction ralentit de manière significative avec l’âge. Après des séries de tests et des analyses statistiques, il a été prouvé que le temps de latences CRT augmente avec l’âge. Plus précisément, cette augmentation est de 2,8 ms/ an. Chez les 59 à 65 ans, les latences moyennes CRT ont augmentée de plus de 120 ms par rapport aux participants plus jeune, avec un écart-type de 1, 8. Par ailleurs, cette lenteur peut aussi s’expliquer par la baisse des fonctionnalités motrices.

Cela prouve le bien-fondé des tests de facultés cognitives et de calcul de l’âge biologique. En effet, les tests de rapidité et de réaction se basent sur cette augmentation du temps de réaction de 2,8 ms/an pour déterminer l’âge biologique d’un individu tout en évaluant l’état de ses fonctions motrices.

l’âge biologique

L’effet du vieillissement sur la lenteur de la génération de réponse motrice

Une autre étude publiée sur International Journal of Psychophysiology en 2006 a aussi porté sur l’effet du vieillissement sur la variation du temps nécessaire pour générer une réponse motrice. L’objectif de cette étude est de déterminer et d’analyser les différentes étapes composant les mécanismes de traitement central lors d’une tâche nécessitant un choix.

Deux groupes ont participé à l’étude, un groupe de jeune ayant une moyenne d’âge de 22 ans et un groupe de personnes âgées dont la moyenne d’âge est de 58. L’expérience a consisté à effectuer une tâche en réagissant et en faisant un choix parmi quatre alternatives possibles.

Les résultats obtenus ont montré que le temps de réaction ralentissait avec l’âge. Contrairement à ce que l’on peut croire, ce ralentissement ne serait pas le fruit d’un retard dans le processus de traitement du stimulus ou d’un retard dans la sélection de la réponse. L’explication se rapporte à une altération des composants en relation avec le mouvement.

Ce résultat s’explique par la prolongation du potentiel moteur au niveau du cortex. Il s’agit d’une forme de tâche choix-réaction, mais avec une réponse plus directe, sans alternative. C’est une réaction face au stimulus. Le temps de réaction une fois de plus élevé chez les sujets âgés.   

Les tests informatisés pour détecter les lésions cérébrales

Il s’agit ici d’une étude de 2008 effectuée dans le but de déterminer la fiabilité des tests neurocognitifs informatisés par rapport à la mesure du degré de déficience neurocognitive. Ce test concerne les personnes avec de légères lésions cérébrales.

L’étude en question a porté sur 141 patients âgés de 18 à 65 ans ayant subi des lésions cérébrales traumatiques. Les résultats ont été comparés avec ceux de 145 patients n’ayant pas été victimes de lésions cérébrales. Les tests effectués portent sur des tests de mémoire, des tests visuels, de vitesse psychomotrice, des tests verbaux ainsi que des tests de temps de réaction et des tests d’attention assez complexes.

L’analyse des résultats démontre que les performances des participants étaient liées à la gravité des lésions cérébrales ainsi qu’au degré de récupération respectif. Les tests se portant sur la vitesse psychomotrice ainsi que ceux de flexibilité cognitive étaient les plus pertinents. Les patients ayant eu de légères lésions cérébrales ont obtenu d’aussi bons résultats que les personnes en bonne santé cérébrale.

Cette étude met en exergue l’utilité et la fiabilité des tests de facultés cognitives informatisés par rapport à la détection des problèmes relatifs à la fonction cognitive. Cependant, ce genre de test ne pourra pas remplacer les tests neuropsychologiques conventionnels. Mais lorsque ces derniers ne sont pas valables, les tests informatisés constitueront une bonne alternative.

De nombreuses études et recherches sous-tendent ainsi la fiabilité des tests de facultés cognitives et de calcul de l’âge biologique informatisé. Ces tests permettent d’indiquer votre état de santé cognitive, mais aussi l’état de vos fonctions motrices. Les résultats peuvent aussi servir aux médecins pour poser le bon diagnostic et déterminer le traitement adapté.

Sources :


https://www.santemagazine.fr/actualites/un-test-sanguin-pour-connaitre-son-age-biologique-lage-reel-de-son-corps-190814
https://www.doctissimo.fr/sante/news/calculer-l-age-reel-de-son-coeur

https://www.cairn.info/revue-sciences-sociales-et-sante-2014-4-page-43.htm

https://www.cairn.info/revue-bulletin-de-psychologie-2005-1-page-39.htm