Le but de cet article est d’arrêter le défaitisme médical vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer. Alors que près de 200 essais cliniques de médicaments se sont conclus par un échec, une nouvelle thérapie, qui n’en est qu’à ses tout débuts, a déjà présenté de nombreux résultats, dont un regain des capacités cognitives. C’est une lueur d’espoir dans cette lutte qui est parfois perçue comme vaine. Ainsi, nous avons décidé de consacrer un dossier intégral à ces nouveaux protocoles qui permettent de soigner Alzheimer via les travaux du docteur Bredesen.

Les trois maladies d’Alzheimer 

Selon les hypothèses médicales, la maladie d’Alzheimer est causée par une accumulation de plaques dans le cerveau. C’est une substance gluante constituée de protéines bétâ-amyloïde qui détruisent les synapses. Cela entraîne un dysfonctionnement des contacts entre les neurones, ce qui se traduisent par une dégénérescence évolutive. L’intégralité des traitements actuels se penche sur le traitement de ces plaques.

L'Alzheimer3

Cependant, cela ne fonctionne pas. En effet, les médicaments utilisés par les laboratoires sont constitués d’anticorps pour détruire la plaque, mais sans éradiquer l’Alzheimer elle-même. De nos jours, près de 200 traitements sont produits dans le cadre de cette « hypothèse amyloïde », mais aucun n’a montré d’efficacité pour ralentir ni guérir la maladie d’Alzheimer. 

Le docteur Dale Bredesen, professeur de neurologie au centre de recherches sur Alzheimer de l’université de Californie à Los Angeles, a expliqué cet échec. D’après ces études, il soutient qu’en attaquant les plaques amyloïdes, on traite une des conséquences de la maladie et sa cause. 

D’autre part, ce chercheur estime qu’il n’existe pas qu’une seule maladie d’Alzheimer. Il y en aurait trois formes distinctes : 

  • un Alzheimer inflammatoire, 
  • un Alzheimer atrophique 
  • et un Alzheimer toxique. 

Chacune de ses formes nécessite selon lui un traitement adapté, ce qui est contre l’approche médicamenteuse actuelle. Ainsi, en changeant de vision sur cette affection et en adoptant un protocole ciblé, il est possible de la stopper et de l’inverser. Pour ce faire, le docteur Dale Bredesen soutient d’ailleurs l’utilisation d’un traitement en 36 points, basé sur les plus récentes avancées scientifiques (nutrition, exercice physique, compléments alimentaires, gestion du stress, etc.). 

En 2014, il élabore une nouvelle hypothèse thérapeutique et permet à dix volontaires atteints de la maladie de tester un protocole qu’il appelle MEND2 (Amélioration métabolique de la neurodégénérescence). Ce traitement est couronné de succès après quelques mois pour neuf volontaires sur dix qui ont récupéré toutes leurs facultés cognitives. Toutefois, cette étude a été critiquée en raison du faible nombre de participants qui ne justifie pas, selon les traditionalistes, la portée des travaux. 

Alzheimer : 36 trous à boucher 

Dans son livre « La fin d’Alzheimer », le docteur Bredesen expose ce qui se passe dans le cerveau d’un malade.  En fait, dans cette maladie, une molécule, la bétâ-amyloïde, s’accumule dans le cerveau et entraîne une destruction des neurones. Pour comprendre la présence de cette molécule, le docteur Bredesen s’attarde sur son fonctionnement. 

Au terme de son étude, il a découvert que le clivage de cette molécule est causé par plusieurs dizaines d’autres qui génèrent à la fois des risques de développer la maladie d’Alzheimer. Il y a par exemple l’œstrogène, la testostérone et la vitamine D. Toutes ces molécules ont une incidence sur les récepteurs neuronaux. Il a aussi soulevé que le sommeil, le stress ainsi que de nombreux autres paramètres influent également sur le développement de la bétâ-amyloïde. 

C’est pourquoi l’approche actuelle ne permet pas de soigner l’Alzheimer. Il y a près de 36 mécanismes qui contribuent à la genèse de cette maladie. Ainsi, un seul médicament ne permet pas de le traiter. Une prise en charge cognitive à titre préventif est aussi suggérée par le docteur Bredesen pour les personnes de plus de 45 ans pour avoir une vue généralisée et individualisée du protocole de soins à mettre en place. Ce bilan va en effet cibler les carences de chacun pour obtenir des résultats significatifs lors du traitement.

L'Alzheimer

Les mesures préventives contre l’Alzheimer

Le protocole visé pour la prévention de l’Alzheimer n’est pas facile, mais l’objectif est d’enrayer cette maladie. Pour commencer, il faut restaurer sa résistance à l’insuline et mettre en place un régime adéquat. Cette maladie se caractérise par un dérèglement du métabolisme des glucides, notamment parce que les cellules nerveuses ne sont plus aptes à absorber le sucre. Il faut ainsi supprimer les glucides à glycémie élevée pour réguler son insuline. Concrètement, les boissons gazeuses sont à évier, de même que les jus de fruits sucrés, le pain, le riz blanc, l’alcool ainsi que les céréales raffinées. Il faut adopter un régime sain et équilibré. 

Il faut également privilégier les acides gras, notamment les avocats, les fruits à coque, l’huile d’olive ou encore l’huile de coco. Cette stimulation cétonique permet de donner à son organisme une source d’énergie en l’absence des sucres. 

Ce protocole incite aussi à une pratique régulière d’une activité physique modérée, à raison de deux heures par semaine, suivant d’un jeûne de 12 heures pour optimiser les résultats. Le docteur Bredesen recommande également d’attendre 3 heures entre le dernier repas et l’heure du coucher. Cette habitude contribue à réduire le taux d’insuline la nuit et favorise le sommeil.

En cas de carence, il faut une supplémentation. Faites un bilan sanguin pour déterminer les doses. En effet, un déséquilibre des taux d’homocystéine, un acide aminé, par exemple est associé à un risque élevé d’Alzheimer. C’est pourquoi il faut prendre toutes les précautions.

Enfin, lutter contre le stress et améliorer le sommeil sont primordiaux pour éviter cette affection. LE stress chronique endommage le cerveau et augmenter le risque de déclin cognitif. 

Sources et références : 

  • Bredesen DE. Reversal of cognitive decline: A novel therapeutic program. Aging (Albany NY). 2014; 6:707-717. doi: 10.18632/aging.100690.
  • Raz N, Lindenberger U, Rodrigue KM, Kennedy KM, Head D, Williamson A, Dahle C, Gerstorf D, Acker JD.Regional brain changes in aging healthy adults: general trends, individual differences and modifiers. Cereb Cortex. 2005 Nov;15(11):1676-89. Epub 2005 Feb 9.
  •  Costantini LC, Vogel JL, Barr LJ, Henderson ST. Proceedings of the 59th Annual Meeting of the American Academy of Neurology Conference; 28 April to 5 May 2007; Boston, MA. Saint Paul, MN: American Academy of Neurology; 2007. Clinical efficacy of AC-1202 (AC-1202TM) in mild to moderate Alzheimer’s disease.
  •  Uabundit N, et al. Cognitive enhancement and neuroprotective effects of Bacopa monnieri in Alzheimer’s disease model. J Ethnopharmacol. (2010).
  • John G. Csernansky, Hongxin Dong, Anne M. Fagan, Lei Wang, Chengjie Xiong, David M. Holtzman and John C. Morris. Plasma Cortisol and Progression of Dementia in DAT Subjects – Am J Psychiatry. 2006 Dec; 163(12): 2164–2169. doi: 10.1176/appi.ajp.163.12.2164.
  •  Eckerström et al. High white matter lesion is associated with hippocampal atrophy in mild cognitive impairment. Dement Geriatr. Cogn. Disord., vol 31, 2011, p.132 – 138.
  • https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3041121/ 13.
  • https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/199484
  •  https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/ la-recherche-sur-les-maladiesneurodegeneratives -est-elle-en-crise_2556659.html 15. https://jamanetwork.com/journals/jama/ article-abstract/2668349?redirect=true