Traiter la maladie de Parkinson grâce à des électrodes

maladie de Parkinson01
28 décembre 2020
-

Certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont traités via la neurostimulation. Il s’agit d’une maladie dégénérative produite par la mort progressive et lente des neurones dopaminergiques du cerveau. Ces neurones jouent un rôle important dans le contrôle des mouvements. Les individus atteints font peu à peu des gestes rigides et lents. Le traitement classique de la maladie est médicamenteux.

Toutefois, les symptômes peuvent fluctuer et devenir invalidants avec le temps. C’est là que la chirurgie peut jouer son rôle et améliorer la qualité de vie du malade. L’opération consistait autrefois à intervenir au niveau des régions responsables des troubles du mouvement.

De nos jours, on a remplacé cette technique par la stimulation électrique cérébrale profonde. Cette dernière a un avantage réversible. Elle consiste à implanter des électrodes dans le cœur du cerveau. Et ce, dans le but de le stimuler électriquement et réharmoniser les mouvements du malade.

À qui ce traitement s’adresse-t-il ?

maladie de Parkinson02

Les personnes concernés sont les suivants :

  • Ceux qui souffrent de la maladie de Parkinson ;

  • Ceux qui voient leurs symptômes améliorés par la prise de médicaments à base de dopamine, mais qui ont pourtant des complications motrices invalidantes (rigidité des mouvements, tremblements, etc.) ;

  • Les personnes qui vivent avec la maladie installée depuis au moins 5 ans ;

  • Ceux qui ont généralement moins de 70 ans. Au-delà de cet âge, les résultats sont moins probants et les risques sont plus importants. En plus de maladie de Parkinson, il faut être en bonne santé pour pouvoir subir l’intervention.

Comment se passe l’intervention ?

L’avant-veille 

Il faut arrêter progressivement les médicaments à base de dopamine. Cela a pour but d’avoir un blocage des mouvements du malade pour le jour de l’intervention. Ainsi, il sera plus facile d’observer l’effet de la stimulation électrique pendant l’opération. 

Le matin de l’intervention

On fixe un cadre de stéréiotaxie sur la tête du malade sous anesthésie locale. Le cadre servira de référence afin de déterminer l’emplacement des électrodes. Ensuite, on réalise une IRM. 

Durant l’intervention

maladie de Parkinson05

Il s’agit d’une intervention qui nécessite la présence d’un neurologue, un neuro chirurgien, un anesthésiste, un électrophysiologiste, ainsi que le personnel du bloc opératoire. Pendant la première phase de la chirurgie, le malade est anesthésié localement. Il doit être en mesure d’interagir avec le neurologue. Ce dernier lui demandera d’effectuer certaines gestes dans le but d’optimiser l’intervention.

Tout d’abord, une micro-électrode par le neurochirurgien dans un orifice de la boîte crânienne. Ensuite, elle sera amenée à destination par l’intermédiaire d’un guidage électrophysiologique. Au moment de l’opération, il n’y a pas de repère visuel direct. Ce sont donc les ondes émises par les cellules cérébrales qui permettront au neurochirurgien de se repérer dans le cerveau. Dans un même temps, l’évolution de la rigidité ou des tremblements du patient est directement vérifié grâce au test de plusieurs fréquences et intensités de courant.  

D’autre part, quand le résultat clinique est satisfaisant, le neurochirurgien insèrera une électrode définitive sous contrôle radiologique. Il effectuera ensuite au même type d’intervention de l’autre côté. Par la suite, il implantera sous anesthésie locale un boîtier de stimulation en dessous de la clavicule, sous la peau, de la même façon qu’un pacemaker.

Celui-ci peut être réglé depuis l’extérieur grâce à un programmateur. L’intervention dure environ 6 heures dans son ensemble. On active le stimulateur le jour même. Pour optimaliser les résultats, Il sera réglé par les neurologues durant les jours suivant. 

Le suivi

Le suivi postopératoire est assuré par le neurologue et le neurochirurgien. Il consiste dans le choix de la meilleure intensité de stimulation, du meilleur plot de stimulation sur l’électrode. Il consiste aussi à adapter le traitement médicamenteux qui vient en complément. En effet, même si la stimulation cérébrale profonde diminue la prise médicamenteuse, elle ne la supprime pas pour autant. Le suivi permet également d’accompagner l’évolution de la maladie de Parkinson.

De nouveaux réglages sont alors parfois nécessaires pour pouvoir s’adapter à la progression des symptômes. Une intervention est aussi utile pour changer la pile, environ tous les 5 ans. Ce délai est variable selon l’intensité de la stimulation. Certaines nouvelles piles ont une durée de vie de 25 ans environ. Cependant, elles ne sont pas encore proposées par tous les neurochirurgiens. 

Remarque

La maladie de Parkinson continue d’évoluer après l’opération. Cette évolution concerne surtout les signes axiaux (troubles de l’élocution, chutes, etc.). Ces signes axiaux sont pris en charge par traitement médicamenteux ou par un réglage de la stimulation, lorsque cela est possible. Enfin, il ne faut pas trop attendre de l’opération. Certains malades qui en attendaient une guérison totale sont trouvées démoralisés face à la permanence de certains troubles. 

maladie de Parkinson03

Quels sont les résultats sur la maladie de Parkinson ? 

Dans environ 40% des cas, les malades voient leurs symptômes moteurs s’améliorer considérablement. Et ce, sans médication supplémentaire. Pour les autres, il peut être nécessaire de compléter le traitement à l’aide d’une prescription médicamenteuse. Cette dernière est généralement inférieure à celle utilisée avant l’intervention.

Par ailleurs, la probabilité de rencontrer une complication est de l’ordre de 5%. Parmi les risques, on peut citer un saignement, un problème technique ou une infection en rapport avec le matériel implanté. Notamment une cassure d’électrode, ou encore une déconnexion de câble.

Sources et références :

https://www.letemps.ch/sciences/minielectrodes-traiter-parkinson

https://www.chuv.ch/fr/neurochirurgie/nch-home/le-service-en-bref/bandeau-parkinson

Nadir Bouabdellah. Effet lésionnel psychiatrique lié à l’implantation d’électrodes de stimulation des
noyaux sous-thalamiques dans le traitement de la maladie de Parkinson. Médecine humaine et pathologie. 2018. ffdumas-01901024

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01901024/document


Recevez tous nos astuces pour rester en bonne santé !

Recevez tous nos astuces pour rester en bonne santé !