Zinc : toutes les informations à retenir !

Zinc

Pour bien fonctionner, l’organisme a besoin des nutriments. Certains d’entre eux ne peuvent être fabriqués par le corps. L’homme doit donc, via son alimentation, en apporter à l’organisme. Tel est le cas du zinc. Il s’agit d’un nutriment qui joue un rôle important dans de nombreux processus biologiques. Le zinc agit aussi en modulant l’activité de quelques centaines d’enzymes. Ce qui fait de ce nutriment un allié essentiel de la santé.

Contexte et historique de la recherche sur le zinc

Le zinc est un nutriment essentiel au bon fonctionnement de tout l’organisme. La découverte de l’important de ce nutriment dans l’alimentation remonte au début des années 1960. Le médecin Iranien Ananda Prasad a fait la découverte après qu’un patient atteint d’un syndrome rare lui a été présenté. A l’époque, le médecin travaillait dans un hôpital de Shiraz. Et le patient en question est un fermier de 21 ans qui était d’une pâleur incomparable. Il était sous-développé sexuellement et physiquement. Son apparence ressemblait à celui d’un petit garçon de 10 ans. Il souffrait aussi d’anémie sévère, sa rate et son foie étaient anormalement grands. Dans les trois mois qui ont suivi, 10 autres patients présentant les mêmes symptômes se sont rendus à l’hôpital. Le Dr Prasad a finalement pu identifier une carence en zinc comme étant à l’origine de ces troubles. Il est actuellement reconnu comme un expert mondial du métabolisme du zinc. Par ailleurs, il a été découvert que ce nutriment tenait aussi un rôle essentiel dans la synthèse des protéines, la fonction immunitaire, la cicatrisation des plaies, la division cellulaire et la synthèse de l’ADN.

Les sources de zinc dans l’alimentation

Comme l’organisme ne peut pas produire du zinc, ce nutriment doit lui être rapporté via l’alimentation. Les principales sources de zinc sont surtout les produits d’origine animale. Tel est le cas des crustacés, de la volaille ou du bœuf. Il faut aussi noter que les huîtres sont les aliments les plus riches en zinc. 100 g d’huîtres (environ 6 huîtres) en fournissent 39 mg. Pour ce qui est du bœuf et de la volaille, ils fournissent environ 3 à 7 mg par 100 g. Les noix, les produits céréaliers et les haricots en contiennent aussi, mais en quantité infime. Or, ces derniers contiennent des phytates qui sont des substances inhibant l’absorption des minéraux, dont le zinc.

La quantité de zinc nécessaire en fonction de l’âge

Les apports alimentaires recommandés lorsqu’il s’agit de zinc varie en fonction du sexe, de l’âge et du stade de la vie. Les besoins en zinc sont relativement faibles durant la petite enfance. Ils augmentent de manière progressive et régulière jusqu’à l’âge adulte. Aussi, la grossesse et l’allaitement augmentent ce besoin en zinc. Cela s’explique par les rôles tenus par ce nutriment dans le développement, la croissance et la fonction immunitaire. Les indicateurs cliniques relatifs aux besoins en zinc se basent sur les profils d’absorption et d’excrétion de ce nutriment.

Ainsi, les recommandations par rapport aux apports journaliers en zinc selon l’âge et le sexe sont les suivants :

  • De 0 à 6 mois : 2 mg de zinc par jour sont nécessaires.

  • De 7 à 12 mois : l’apport quotidien en zinc doit être de 3 mg.

  • De 1 à 3 ans : la dose de 3 mg reste inchangée.

  • De 4 à 8 ans : il est recommandé de consommer 5 mg de zinc par jour.

  • De 9 à 13 ans : la recommandation est de 8 mg de zinc.

  • De 14 à 18 ans : l’apport journalier en zinc est de 9 mg pour les filles et de 11 mg pour les garçons. Durant la grossesse, cette dose augmente à 12 mg et passe à 13 mg lors de l’allaitement.

  • Au-delà de 19 ans : les hommes ont besoin de 11 mg de zinc par jour tandis que chez la femme, ce besoin est de 8 mg. Lors de la grossesse, l’apport journalier recommandé est de 11 mg. Cette dose augmente à 12 mg durant la période d’allaitement.

Il faut noter que chez les adultes de plus de 19 ans, le niveau d’apport maximal tolérable pour le zinc est de 40 mg par jour. Les doses supérieures à 50 mg par jour, quant à elles, peuvent être associées à des nausées, de la diarrhée et des douleurs abdominales.

Zinc

Les signes de carence en zinc et les populations à risque

Les signes d’une carence sévère en zinc s’observent surtout chez les personnes souffrant de la maladie génétique acrodermatite entéropathique. Celle-ci est généralement provoquée par une altération de la capacité de l’intestin à absorber le zinc. Les manifestations d’une carence en zinc sont donc les suivantes : des problèmes de croissance, des défauts cognitifs, une diarrhée chronique, des éruptions cutanées, des plaies qui peinent à guérir, les immunodéficiences, la perte de poids et les anomalies du goût. Ces spectres de symptômes sont utilisés par les scientifiques afin d’identifier les carences légères et modérées en zinc. Dans les pays développés, la carence en zinc est rare. Quoi qu’il en soit, les estimations sont telles que 2 milliards de personnes dans le monde ont un faible apport en zinc.

Cependant, le plus grand défi par rapport à l’identification d’une carence en zinc se rapporte à l’importance de ses manifestations cliniques. Néanmoins, les populations les plus à risque lorsqu’il s’agit de carence en zinc ont pu être identifiées. Il s’agit surtout des :

  • Végétariens et végétaliens – les preuves existantes suggèrent que les personnes adoptant ce mode d’alimentation sont très à risque de développer une carence en zinc. L’évitement des produits d’origines animales en est la cause. Aussi, les végétariens mangent davantage d’aliments riches en phytates comme les légumineuses ou les céréales. Or, il a été découvert que ces derniers inhibent l’absorption de zinc. Par conséquent, ce type de personne a un besoin journalier plus élevé en zinc.

  • Personnes consommant de l’alcool – consommer de l’alcool favorise l’excrétion urinaire de zinc. S’ajoute à cela le fait que les personnes alcooliques  dont le tiers de leurs calories est d’origine alcoolique, ont une alimentation pauvre en zinc. Il en est de même pour ceux qui souffrent de maladie du foie à cause de l’alcool.

  • Personnes souffrant d’anémie ou de maladies gastro-intestinales – les récentes études ont permis de savoir qu’entre 15 et 40 % des personnes souffrant d’une maladie inflammatoire de l’intestin sont sujet à une carence en zinc. Aussi, les personnes souffrant de maladie de Crohn ou de colite ulcéreuse ont plus de risque de présenter une déficience de zinc.

Comment le zinc est-il transporté et absorbé par l’organisme ?

Le zinc est majoritairement absorbé par les entérocytes (ces cellules qui tapissent l’intestin) au niveau du jéjunum. Ce n’est qu’après que ce nutriment passe dans la circulation générale. Lorsqu’il est absorbé, l’organisme le lie à l’albumine et le mélange est transféré au foie. Toutefois, il convient de souligner que le zinc existe aussi sous forme d’ion chargé positivement. Cette forme ne peut pénétrer les cellules sans transporteur. Aussi, pour absorber ce nutriment, un ionophore est nécessaire. Il s’agit d’une molécule qui peut facilement transporter des ions à travers une membrane lipidique. Deux grandes familles de protéines ont été identifiées comme facilitant l’absorption et l’excrétion du zinc au sein de l’organisme : la famille ZnT (SLC30) et la famille ZIP (SLC39). La première a pour rôle de déplacer le zinc hors des cellules tandis que la seconde l’importe au sein des cellules. Pour ce qui est du contrôle du stockage et de la libération du zinc dans la cellule, il est assuré par les métallothionéines, une classe de protéines  de liaison aux métaux.

Selon les études, l’absorption moyenne de zinc pour un régime mixte (fruits, légumes, viande) est de 33 %. Ce taux peut être inférieur à 20 % selon les aliments consommés. Concernant la répartition du zinc au niveau de l’organisme, il faut noter que ce dernier ne contient que 2 à 3 g de zinc. 60 % de cette quantité se trouvent dans les muscles squelettiques et 30 % dans les os. Le reste est réparti dans divers tissus du corps.

Les implications du zinc dans la préservation de la santé

Le zinc joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de tous les organes et du système immunitaire. Il est également impliqué dans la préservation de certains troubles de la santé qui seront cités ci-après.

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L’interaction du zinc avec les autres nutriments

La biodisponibilité du zinc peut être affectée par la consommation d’autres composants alimentaires. Ainsi, il a été découvert que le fer et les phytates inhibent l’absorption de zinc tandis que la protéine la favorise.

Le zinc et l’altération de l’ADN

Ce nutriment est un cofacteur et un composant structurel de diverses protéines œuvrant dans la régulation des gènes, la défense antioxydante et la réparation de l’ADN. Le zinc est aussi un composant essentiel de l’enzyme antioxydante. Les récentes études effectuées sur des hommes de 19 à 50 ans en bonne santé ont permis de déterminer qu’un régime pauvre en zinc favorisait la rupture des brins d’ADN. Au contraire, une alimentation contenant une quantité adéquate de zinc atténuait les dommages à l’ADN. Une autre étude a révélé qu’en augmentant de 4 mg la quantité de zinc contenue dans l’organisme, on peut atténuer les ruptures d’ADN dans les leucocytes.

Fonction immunitaire et zinc

Des études cliniques ont montré que la carence en zinc peut entraîner la dérégulation et la diminution en nombre des lymphocytes T. Ces derniers sont des cellules immunitaires œuvrant à la fois dans la destruction des agents pathogènes et dans la régulation de la réponse immunitaire. Concrètement, le zinc agit en stimulant la thymuline. Celle-ci est impliquée dans la différenciation des cellules T et agit en réduisant les signaux pro-inflammatoires tout en boostant les signaux anti-inflammatoires. Le zinc est donc essentiel pour combattre certains types de bactéries comme celles à l’origine de la pneumonie. Une étude en particulier a d’ailleurs permis d’identifier ce nutriment comme inhibiteur de l’ARN polymérase qui stimule la réplication de l’ARN dans le virus SARS-CoV-1. Cependant, le zinc en tant qu’ion chargé positivement a besoin de transporteur pour pénétrer dans les cellules.

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Dans le cas de pneumonie, des études effectuées sur des enfants souffrant de pneumonie sévère ont permis de déterminer que le fait d’associer du zinc à un traitement antibiotique standard permet de réduire le temps de récupération et le séjour hospitalier.

Le rhume et le zinc

Une méta-analyse portant sur près de 200 patients de 20 à 50 ans a consisté à évaluer l’efficacité des pastilles d’acétate de zinc dans le traitement du rhume. Cette analyse a révélé que les patients ayant pris une dose de 80 à 92 mg par jour se rétablissaient trois fois plus vite que ceux qui n’ont rien pris. 70 % des patients ont récupéré dès le cinquième jour de supplémentation. Et même si d’autres analyses sur le gluconate de zinc ont révélées les mêmes conclusions, l’acétate de zinc est relativement plus efficace.

Le zinc et la septicémie

La septicémie est une maladie infectieuse potentiellement mortelle. Plusieurs études ont permis de déterminer que les patients atteints de septicémie ont généralement un faible niveau sérique de zinc. Chez une personne en bonne santé, un décilitre de sang contient 89,6 microgrammes de zinc. Cette concentration diminue de 44 % chez une personne atteinte de septicémie. Une supplémentation de zinc pourrait ainsi favoriser le rétablissement et éviter les complications liées à la septicémie. Mais à ce jour, la supplémentation de zinc n’a été effective que dans le traitement de la septicémie chez le bébé.

VIH et zinc

Les rapports indiquent que 30 à 51 % des personnes vivant avec le VIH ont une carence en zinc. Cette carence est généralement associée à un dysfonctionnement du système immunitaire et à une augmentation de la quantité de protéine C qui est un marqueur pro-inflammatoire. Cette protéine est un indicateur indépendant de survie chez les personnes séropositives. Une supplémentation en zinc peut ainsi favoriser l’état de santé de ces dernières. D’autant plus qu’elle aide à augmenter le niveau de cellules CD4 +, des globules blancs qui combattent l’infection. Des études menées sur la supplémentation en zinc chez des personnes séropositives ont permis de savoir que le zinc est primordial dans la prévention de l’échec immunologique.

Le zinc et le cerveau

Les rôles du zinc au niveau du cerveau sont nombreux. En effet, il permet le bon fonctionnement de nombreuses enzymes et protéines nécessaires à la neurogenèse. Outre cela, il régule aussi la communication entre les neurones. Certains chercheurs avancent même qu’une dérégulation du zinc durant le vieillissement aurait de l’effet sur la neurodégénérescence. D’ailleurs, il a été remarqué que les personnes souffrant de lésion cérébrale ont toutes une dérégulation du zinc.

A part les nombreux rôles cités précédemment, le zinc agit aussi en favorisant le métabolisme. Chez l’adolescent, une carence en zinc peut provoquer la survenue de l’acné. Tandis que chez l’enfant, la déficience en zinc peut perturber la croissance tout en accroissant le taux de morbidité.

En somme, il faut souligner que le zinc régule l’activité de plus de 300 enzymes et 2000 facteurs de transcription. Un apport inadéquat de zinc peut conduire à des dommages au niveau de l’ADN et une dérégulation du système immunitaire. Toutefois, la supplémentation en zinc est une méthode efficace pour booster le système immunitaire pour mieux lutter contre le rhume, la pneumonie, l’acné ou encore les problèmes métaboliques.


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